mar 25 2008
Oui à l’émancipation individuelle, non à l’individualisme destructeur
Voilà le mot d’ordre qui pourrait résumer la position des reconstructeurs socialistes sur la question aujourd’hui essentielle des rapports individu-société.
Aux antipodes du préjugé bien établi qui fait d’eux des « collectivistes » invétérés, les socialistes, depuis Marx et Jaurès, ont toujours été « du côté » de l’individu, de la reconnaissance de ses besoins fondamentaux, de sa liberté, de ses aspirations légitimes.
Socialistes français, nous sommes, de ce point de vue, tout à la fois les héritiers du combat républicain contre le carcan religieux, pour la séparation de l’église et de l’Etat, et de celui des années 1960-70 contre un ordre moral étouffant, pour le droit des femmes et la libéralisation des moeurs.
Cette volonté d’étendre les libertés et de permettre à chaque individu de s’émanciper des normes préétablies en choisissant sa façon de vivre, ses liens, ses affiliations, ses références, se pratiques culturelles demeure un principe directeur de notre action. Celui-ci peut trouver de nouvelles traductions dans la France de 2008 à travers la consécration juridique d’une nouvelle génération de droits individuels.
Elle prend un sens nouveau dans une société travaillée par un puissant processus d’individualisation sociale et culturelle qui remodèle la structure sociale et n’autorise plus à raisonner à travers le prisme exclusif des classes traditionnelles. Qu’il s’agisse du traitement de questions majeures telles que l’âge du départ à la retraite, le soutien scolaire apporté aux enfants en difficulté, la politique d’insertion et de lutte contre le chômage, le régime de travail, nous pensons que le socialisme moderne doit mieux prendre en compte la diversité objective des situations et des attentes subjectives qu’elles créent. Il ne doit plus craindre à nos yeux de contourner le niveau trop homogénéisant du groupe social ou du territoire pour faire désormais davantage descendre, quand c’est possible, l’action correctrice de la politique au niveau même de l’individu.