mai 29 2010

Réussir notre révolution de l’âge

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Ce texte de Martine Aubry a été publié dans le Monde daté du 14 mai 2010.

En ce début de XXIe siècle, la France a franchi le seuil des 80 ans en matière d’espérance de vie totale. Ce sont des années gagnées, des années utiles pour soi-même et pour autrui, une conquête à laquelle notre modèle social, si décrié par la droite, n’est pas étranger.

En même temps,  l’allongement de la durée de la vie ne s’accompagne pas toujours d’une valorisation des individus qui vieillissent. Sur d’autres continents, vieillir est positif, symbole de sagesse et d’expérience. Mais dans la société du live et du in, les cheveux blancs, les rides, les années sont souvent ignorées, voire stigmatisées. Notre modernité, consciemment ou non, organise une véritable exclusion de l’âge et du grand âge.

Telle est l’ambivalence du vieillissement, à la fois cadeau et discrimination. C’est aussi l’un des plus grands défis à relever par la puissance publique, celui du changement des conditions d’accès des seniors à l’autonomie, au logement, à la mobilité et aux soins, aux loisirs, ainsi que de leur indispensable financement. Ces enjeux seront au cœur du débat sur l’avenir des retraites. Les socialistes seront au rendez-vous des contre-propositions.

Nous serons fermes sur nos valeurs et inventifs pour trouver des solutions qui garantissent la pérennité et l’équité du système par répartition. Nous n’acceptons pas l’appauvrissement de nos aînés, qui enferme tant d’entre eux – et d’abord d’entre elles – dans des « minimum vieillesse » de quelques centaines d’euros par mois.

Nous le ferons sans céder aux ultimatums. Le gouvernement cherche à dramatiser pour imposer ses décisions à sens unique dans l’urgence quand il faudrait, comme le demandent les organisations syndicales, prendre le temps d’une véritable négociation pour trouver les voies d’une réforme juste et viable dans la durée. A cet égard, la statistique ne saurait remplacer la politique : le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) est un élément parmi d’autres de l’évaluation financière et ne doit pas être instrumentalisé pour imposer des choix de société.

Les salariés et les retraités ne peuvent pas être les seuls sur lesquels reposent tous les efforts.  Réformer les retraites suppose d’introduire sans tarder de nouvelles ressources dans le système. Ce qui ne signifie pas de peser sans fin sur les salariés ni de diminuer les pensions.

Là se trouve le point aveugle des décisions libérales de 1993 de Balladur ou de 2003 de Fillon : jamais la droite n’a pris la peine de soumettre les très hauts revenus, les produits du capital financier ou de la rente à l’impératif de solidarité alors même qu’un million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté.

Les pistes ne manquent pas : élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, cotisations sur les stock-options et d’autres rémunérations non assujetties, abolition des privilèges fiscaux qui minent la cohésion nationale, surtaxe de 10 % de l’impôt sur les sociétés acquitté par les banques, affectée au fonds de réserve des retraites, etc. Les choix opérés devront être réévalués à étapes régulières, tant ils dépendront de l’évolution de la démographie, de la croissance, de l’emploi et de la masse salariale, sans pour autant remettre en cause la stabilité des droits indispensable à la confiance dans le système pour les jeunes générations.

Sans renoncer à donner plus de souplesse aux choix individuels et en tenant compte de l’hétérogénéité des parcours professionnels et de leur pénibilité, nous défendrons le maintien de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans – c’est-à-dire la possibilité de faire valoir ses droits à pension –, avec la possibilité de partir plus tôt pour ceux qui ont exercé des activités particulièrement pénibles.

Les Français savent que l’accroissement de l’espérance de vie et une arrivée plus tardive sur le marché du travail nécessitent pour beaucoup un départ réel après 60 ans : l’âge moyen de départ réel est déjà de 61ans et demi. Mais si l’âge légal était repoussé à 62, 63, 65 ans, comme le préconisent l’UMP et le Medef, des centaines de milliers de personnes qui ont commencé à travailler très jeunes seraient contraintes de faire 44, 45, 48 années de travail. Dans un marché du travail qui ne fait pas sa place aux seniors, combiné à l’allongement des durées de cotisation, cela se traduirait pour eux, avant tout, par une baisse des pensions que nous ne pouvons accepter. L’efficacité n’est pas, à nos yeux, le contraire de la justice.

Au-delà, chacun le sait : le bien-être des Français qui vieillissent ne sera pas assuré en comblant les seuls déficits comptables. L’allongement de la vie a fait naître d’autres déficits : d’utilité sociale pour les seniors, d’emplois qualifiés pour accompagner les mutations de l’âge, de liberté pour ceux, sans cesse plus nombreux, qui souhaitent rester à domicile, de logements et d’équipements adaptés aux personnes dépendantes, de soutien pour les familles confrontées à la maladie d’Alzheimer ou aux pathologies dégénératives, de valorisation accrue des filières gériatriques à l’hôpital ou encore de la reconnaissance du droit de mourir dans la dignité… Le progrès en âge fait émerger des aspirations mais aussi de nouvelles inégalités. Celles qui se révèlent quand la société se défait et se détache de ses plus anciens.

Mieux vieillir ensemble exige d’abord la possibilité de se « réengager ». Après le temps du travail, le temps des projets ! Forts de cette « vieillesse indépendante », les retraités demeurent des acteurs, même s’ils ne sont plus des actifs au sens où l’Insee les définit. Ils sont souvent des bénévoles sur lesquels beaucoup sinon tout repose, dans des associations, des municipalités ou des mutuelles, dans l’aide aux devoirs pour les élèves et le lien social pour les plus démunis, pour soutenir ici un jeune qui crée sa PME et conseiller là-bas une organisation non gouvernementale humanitaire.

Nos représentations sont à revoir, car les seniors soutiennent la société et ne se bornent pas à lui demander secours. En meilleure santé, de plus en plus longtemps, ils consomment, voyagent, épargnent, aident financièrement leurs enfants et petits-enfants. L’expérience est un atout, voilà la grande révolution ! Une société créative ne saurait se passer de ce capital. Encore faut-il que la société et que le politique considèrent l’âge pour ce qu’il est : une chance, non un fardeau. Reste qu’il n’est pas donné à tout le monde d’être délivré des enjeux du quotidien.

Mieux vivre le grand âge dans une société solidaire, c’est non seulement assurer des retraites décentes – nous en sommes encore loin pour des millions de nos concitoyens –, mais également offrir la possibilité à chacun de vivre et non de survivre, de se loger dignement, d’être soigné sans retard dans un pays qui n’accepte pas de devenir un « désert médical ».

Mieux vieillir exige aussi que les territoires, villes ou campagnes, s’organisent pour apporter des réponses personnalisées, humaines et de proximité, capables de satisfaire des besoins qui varient selon l’état de santé, la situation familiale. L’action publique doit apprendre à mieux conjuguer un habitat mêlant les générations, des soins à domicile (que l’Etat rationne encore), des accueils de jour (trop rares), des hébergements médicalisés plus ouverts sur le quartier ou le village. Oui, il est grand temps que la ville du XXIe siècle s’adapte aux âges et repense accès, déplacements et espaces collectifs pour apporter plus de douceur… et même de lenteur.

Mais il faut aller plus loin, vers une société du soin : une aide de qualité aux personnes fragilisées, le traitement des grandes dépendances, les soins corporels et vitaux quotidiens. C’est aussi mieux reconnaître, mieux former et mieux rémunérer ceux qui apportent ces soins et en exercent la lourde responsabilité. L’allongement de la vie a des effets économiques positifs grâce aux nouveaux emplois de proximité liés à l’aide à la personne.

J’invite, et ce sera un choix politique majeur de la gauche, à relancer des politiques publiques qui ne compressent pas ces emplois mais, au contraire, les sécurisent. Comment accepter, par exemple, le manque cruel de places dans les services de soins infirmiers à domicile ? L’allocation personnalisée pour l’autonomie, l’APA, en rendant solvable le besoin d’aide, a permis une formidable avancée. Encore faut-il que les conseils généraux qui la dispensent ne soient pas étranglés financièrement par les décisions aveugles de l’Etat !

Le moment est venu pour la France de dire quelle part des ressources nationales elle entend consacrer au vieillissement. Aux retraites  et à la révolution de la qualité des âges que nous voulons réussir. Soyons à la hauteur du futur.   Exerçons notre sollicitude pour construire « une société qui n’expulse pas ses aînés du monde des vivants », selon le mot terrible de l’anthropologue Maurice Godelier.

N’oublions jamais, non plus, qu’aucune allocation ne remplace les chaînes de soins, les solidarités familiales et amicales, l’attention du voisinage, l’engagement de la société tout entière. A ce prix, la réhumanisation de notre société prendra tout son sens. C’est ainsi que nous ajouterons de la vie aux années, et pas seulement des années à la vie.

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juin 09 2008

Compte rendu de la journée du 1er juin

Atelier n°1

« Retour sur la déclaration de principes du Parti socialiste »

Dans son introduction, Laurent Baumel, maire de Ballan-Miré et responsable national du PS aux Études, a souligné que répondre aux nouveaux enjeux de la France nécessitait, pour les socialistes, de mener une réflexion de fond sur leur identité. Il a salué le travail réalisé en ce sens par les Reconstructeurs.

Pour Thierry Mandon, maire de Ris-Orangis, la nouvelle déclaration de principes du Parti socialiste comporte différents aspects marquants. Dans un contexte marqué par l’échec des socialistes à l’élection présidentielle et donc par la nécessité absolue de s’adapter, le texte comporte des aspects positifs. C’est le cas de la prise en compte du poids de l’écologie et de la grande actualité des valeurs socialistes. Thierry Mandon a tenu à se faire le porte-parole des propositions du Pôle Écologique du PS en appelant à voter ses amendements dans les fédérations au cours des conventions fédérales. Enfin, il a insisté sur le caractère primordial de la démarche de texte unitaire, porteuse de modernisation, de rénovation, sans repentance et sans recul.

Atelier n°2

“Nous voulons prendre au sérieux la rénovation de la gauche et du PS”

Le PS ne pourra mobiliser l’ensemble de la société qu’en retrouvant l’esprit collectif qui a longtemps fait sa force. Pour les intervenants de cette table-ronde, l’urgence est au jeu collectif et pas au choc des individus.

Sandrine Mazetier, députée de Paris, précise d’entrée que la reconstruction n’est pas qu’une affaire de congrès : à l’avenir, les socialistes devront davantage se respecter, s’écouter à nouveau les uns les autres sans se focaliser sur des divergences du passé. Il faut miser sur la diversité des socialistes, condition de leur unité. C’est ainsi qu’ils pourront « accoucher » d’un nouveau parti.

Guillaume Bachelay, conseiller général de Seine-Maritime et maire-adjoint de Cléon, met en avant la nécessité de retrouver un esprit de camaraderie au sein du parti. Pour lui, il est temps de reconstruire le parti de « l‘émancipation de l’individu et de la transformation sociale ». « Là où il y a des destructeurs, des liquidateurs, il faut pacifiquement des reconstructeurs ». Par nature, le PS est loin de l’esprit du libéralisme. Notre objectif de faire du PS le grand parti de la gauche pouvant recueillir 35% des le premier tour.

Dans la salle, de nombreux intervenants ont regretté l’absence de réaction du Parti socialiste sur les sujets qui font l’actualité et qui intéressent la vie des Français. C’est le cas pour le récent jugement du Tribunal de Grande Instance de Lille qui fait de la virginité d’une femme avant le mariage une qualité essentielle : ce jugement a été qualifié « d’atteinte à la dignité de la personne humaine, à l’intégrité de la femme et aux valeurs de la République ».

Pour reconstruire, il est primordial de se remettre au travail, d’organiser à nouveau des conventions nationales sur les thèmes majeurs. Ces conventions avaient joué un rôle non négligeable lors de la dernière victoire des socialistes, en 1997. Les sujets choisis doivent être ceux qui sont au coeur de la société, par exemple la souveraineté politique dans la mondialisation ou encore les stratégies de croissance pour lutter contre les délocalisations.

Le PS doit se doter de nouveaux outils de communication : une chaîne de télévision pourrait ainsi être créée sur Internet. Il doit mener une véritable campagne d’adhésion.

Enfin, le message du PS doit être celui la fierté de son identité socialiste. Les épithètes sans cesse ajoutés à « socialisme », tels « moderne » ou « archaïque », sont superflus : il n’y a qu’un socialisme. Il faut porter haut et fort les couleurs de cette identité, par nature productive, redistributrice et protectrice.

Suivant le mot de Guillaume Bachelay, le PS doit définitivement sortir du triangle des Bermudes « sondages, images, naufrages ».

Henri Weber, député européen, a souligné que c’était une même conception de l’action politique et une même ambition pour le Parti socialiste qui regroupaient les Reconstructeurs. Ces derniers refusent soumission aux règles de la démocratie médiatico-sondagière et de la présidentialisation à outrance. Les Reconstructeurs veulent construire le parti de toute la gauche. Ils veulent aussi être les champions du retour de la puissance publique et de la négociation collective dans la vie économique et dans la société afin de maîtriser et de rendre équitable la mondialisation. La relance et la réorientation de l’Union européenne est un de leurs objectifs majeurs afin de lui donner un second souffle. Les Reconstructeurs veulent nouer un nouveau Pacte social entre les salariés et les entrepreneurs, sous l’égide de l’Etat : ils veulent agir pour la modernisation de l’économie et de la société face aux changements du monde.

Après être revenu sur l’utilisation et le sens du qualificatif de « pétaudière » qu’il avait appliqué au PS quelques jours plus tôt, Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, a souligné que la réunion des Reconstructeurs n’était « ni inclusive, ni exclusive, ni conclusive, mais qu’elle était déjà décisive » au sens où elle permettait, par le libre débat, de réunir non pas « une seule tête mais plusieurs têtes qui pensent ensemble ». Tournés vers l’avenir, les socialistes doivent travailler à la construction d’une « alternative politique qui soit à la fois réaliste et imaginative ». Avant de désigner leur candidat à l’élection présidentielle, ils doivent se mettre ensemble au travail.« Il faut que le PS se mette au travail ». A la suite d’Henri Weber, il a estimé que la question essentielle est celle du dépassement du PS, seul moyen de renouer avec la victoire. Il s’est enfin félicité qu’avec les Reconstructeurs, « un vent nouveau souffle sur le Parti socialiste ».

Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire et président du Conseil général, a préconisé une défense sans concessions des grandes oeuvres de la gauche (RMI, 35 heures…), véritable patrimoine commun . Assumer le passé est nécessaire pour savoir ce que les socialistes feront de leur avenir. D’où l’initiative des Reconstructeurs qui sont conçus comme « une force d’interposition pour nous débarrasser de la guerre des chefs ».

Atelier n°3

“Nous voulons un autre modèle de croissance crédible et réaliste dans la mondialisation”

Philippe Martin, député du Gers et président du Conseil général, appelle à une nouvelle déclaration des Droits de l’homme qui soit à la fois solidaire et écologiste.

Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Île-de-France, souhaite un Parti socialiste d’opposition intelligente et de soutien aux efforts des collectivités territoriales.

« Nous acceptons la mondialisation mais nous nous devons de la rendre acceptable » a poursuivi Jean-Paul Huchon. Il faut une relance de la démocratie sociale au sein des entreprises, travailler à sécurisation des parcours professionnels, organiser de nouveau la croissance planétaire, trop d’abus ayant eu lieu dans ce domaine. Le rôle de la recherche et de l’innovation, véritable moteur de l’économie et accélérateur de la croissance à venir, doit être encore revalorisé.

Selon Marie-Noëlle Lienemann, députée européenne, un régime équitable permettant la négociation de « bloc à bloc » doit se substituer au libre-échangisme.

Eric Loiselet, Premier secrétaire fédéral du PS de la Haute-Marne, a rappelé que la financiarisation de la société était néfaste à l’économie et devait être impérativement régulée. Les socialistes acceptent l’économie de marché à la condition expresse de la distinguer du capitalisme. Le capitalisme trouve son aboutissement dans la financiarisation dérégulée alors que l’économie de marché trouve son aboutissement dans l’économie de production, au sein de laquelle s’émancipe le travail. Évoquer le coût du travail lorsque l’on parle de productivité n’a pas de sens.

Pour Claude Bartolone, député de la Seine-Saint-Denis et président du Conseil général, le Parti socialiste doit s’atteler à bâtir un projet alternatif solide car le monde a changé. S’il a perdu en 2002 et 2007, c’est d’abord parce qu’il n’a pas su proposer un tel projet aux Français.

La lutte doit s’organiser immédiatement au sein du PS contre les tentatives de démantèlement du Code du travail. Les socialistes doivent aussi renouer avec leur idéal d’une Europe politique et sociale. Nous quittons une décennie de débat sur les institutions pour entrer dans un temps long de débat sur les politiques communes sur lesquelles nous devons réfléchier et agir en commun. Nous partageons les mêmes objectifs d’une Europe sociale et d’une Europe forte.

« Fier de faire travailler ensemble carpes et lapins », Claude Bartolone résume l’enjeu central en lançant « Qu’est ce que l’on a à dire aux salariés? », « ceux qui payent aujourd’hui » par leur précarité et la baisse drastique de leur pouvoir d’achat suite à la défaite de la gauche.

Pierre Moscovici, député du Doubs, a estimé que la question fondamentale à laquelle les socialistes doivent répondre est « qu’est-ce qu’être socialiste au 21ème siècle? ». Le PS doit clarifier ses options et non se contenter de trouver un candidat. Être socialiste, c’est avant tout lutter contre les inégalités, ce qui impose de se garder de tout débat superficiel. Le socialisme a évidemment à voir avec la question des libertés. Il prône l’égalité entre les femmes et les hommes, défend les droits des homosexuels, mène depuis toujours des combats visant à accroître les libertés individuelles. Le Parti socialiste ne doit pas prôner le libéralisme mais l’égalité réelle.

Atelier n°4

Nous voulons fonder un nouveau pacte républicain sur nos valeurs

La solidarité est au coeur du Pacte Républicain. Les socialistes prônent l’émancipation des individus et refusent l’avènement de l’individu égoïste et solitaire. Pour promouvoir l’individu solidaire, il faut redonner toute sa valeur à l’engagement associatif, au bénévolat, en passant peut-être par l’instauration d’un service civique.

Pour Mao Peninou, Conseiller de Paris et du 19e arrondissement de Paris, il s’agit non pas tant de fonder un nouveau Pacte Républicain que de rétablir le Pacte Républicain existant. Du fait de la ségrégation entre villes et banlieues, quartiers riches et pauvres, il existe aujourd’hui une partie de la population pour laquelle le Pacte Républicain ne s’applique pas. L’état de droit doit être rétabli sur l’ensemble du territoire. Les mêmes droits, les mêmes possibilités de s’en sortir où que l’on soit sur le territoire de la République, doivent être garantis.

Flora Labourier, Secrétaire nationale du Mouvement des Jeunes Socialistes, rappelle qu’un pacte est d’abord un accord entre individus. Cet accord étant implicite dans le cas du Pacte Républicain, son maintien nécessite la croyance dans la capacité du système à générer du progrès social. Au coeur du Pacte républicain se place donc la question sociale. La faillite de ce pacte fondateur est aussi celle du PS. D’une part, l’adjectif « social » est presque devenu au fil du temps pour le PS un tabou ; d’autre part, les socialistes n’ont pas su continuer à faire fonctionner l’ascenseur social.

Le député de Seine-Maritime Laurent Fabius a estimé de son côté que la démarche des Reconstructeurs était « ce qu’il y a de plus nouveau, de plus utile aux Français qui a été fait au Parti socialiste depuis des années ».

Les Reconstructeurs « sont des militants, des responsables, qui n’ont pas toujours travaillé ensemble mais là, qui ont décidé de travailler ensemble pour bâtir un projet de gauche ».

C’est en ce sens que les ateliers de la rénovation seront utiles pour répondre à la crise du Pacte Républicain : la population ne croit plus dans la capacité de la politique à traduire les valeurs socialistes dans la réalité. L’ancrage à gauche est indispensable au moment où « les trois couleurs de la République reculent devant la seule couleur de l’argent ».

Cette clarification est nécessaire au-delà des frontières de l’hexagone. En Europe, une spirale négative s’est installée pour la gauche. Les socialistes et les sociaux-démocrates sont le plus souvent en grande difficulté, à l’exception peut-être de l’Espagne, au moment même où les nuages s’accumulent sur l’économie mondialisée : subprimes, dégradation de l’environnement, dérégulation, baisse du pouvoir d’achat et crise alimentaire. Paradoxalement, alors que ces crises conduisent à un plébiscite des valeurs de la gauche, c’est la droite qui sort gagnante.

Laurent Fabius résume les dysfonctionnements internes au PS à ce propos tenu devant lui par un secrétaire de section quelques semaines plus tôt : « Au PS il y a une chose que j’apprécie et une que j’aime moins. Ce que j’aime c’est que l’on me demande souvent mon avis. Ce que j’apprécie moins c’est qu’on en tient jamais compte. » Pour renouer avec les victoires, Laurent Fabius appelle au retour à un débat sincère et fraternel pour construire un projet gagnant de gauche.

Face à la véritable révolution conservatrice lancée par la droite, Christian Paul, député de la Nièvre, qualifie le rassemblement des Reconstructeurs de moment d’autant plus « précieux » qu’il n’a pas eu d’équivalent depuis 2002.

Le Pacte républicain lui paraît être autant un bouclier qu’une promesse. L’exemple de l’éducation, point central du pacte, est le symbole de la volonté d’une droite nationale-libérale de s’attaquer au fondement même du pacte. Il constate que le PS n’a pas été le premier opposant aux réformes touchant à l’Education nationale. Il a été supplanté par les lycéens et même par les collégiens qui ont reçu la Palme d’or à Cannes, pour un film à l’opposé de la politique de Nicolas Sarkozy.

Refonder le Pacte Républicain passe pour Christian Paul par la réinvention de l’action publique, afin de redonner toute sa place à la puissance publique.

Invitée à conclure ce dernier atelier de la journée, Martine Aubry, maire de Lille et présidente de la Communauté urbaine, s’est exclamée d’entrée : « Comment cela, nous n’avons rien à faire ensemble ? Mais nous sommes socialistes ! ». « Il n’y a pas besoin” » d’accoler un qualificatif au mot « socialiste », a-t-elle ajouté, estimant que « ceux qui ont honte de le dire n’ont rien à faire dans notre parti ».

Le laisser-faire de la droite, qui consiste à permettre au marché de s’insinuer dans l’ensemble des sphères de l’économie, a fragilisé le Pacte républicain.

La désagrégation du lien social conduit désormais à envier son voisin parce qu’il a un travail, à envier son collègue parce qu’il est en CDI. Les citoyens se résignent au discours dominant qui explique que la seule solution réside dans la concurrence entre tous.

Face à cette offensive de la droite, le Parti socialiste doit marteler « qu’il n’y a pas de liberté sans égalité ». Être moderne n’est pas prôner une dérégulation générale, par ailleurs de plus en plus rejetée. Même l’ancien directeur du Fonds Monétaire International Rodrigo Rato demandait plus de régulation.

La politique ne peut se résumer à consulter la population sur ses souhaits. Elle consiste avant tout à mettre en avant des valeurs. Les socialistes doivent porter les leurs avec fierté : « il faut remettre la phrase dans le bon ordre et dire qu’il n’y a pas d’ordre sans justice ». Les socialistes ne doivent pas avoir avoir honte des congés payés, de l’abolition de la peine de mort, de la CMU ou des 35 heures. Il faut d’ailleurs rappeler à la Droite que « la France n’a jamais été aussi forte que lorsqu’elle portait haut ses valeurs et son Pacte Républicain ».

« Si nous continuons comme cela, nous gagnerons le congrès en novembre » a conclu Martine Aubry, très applaudie, appelant les Reconstructeurs à renouer avec « une gauche collective, solidaire et joyeuse ».

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juin 03 2008

Journée mondiale pour le travail décent

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Le mouvement syndical organisera, le 7 octobre 2008, une Journée mondiale pour le travail décent, offrant aux syndicats et aux organisations oeuvrant pour le travail décent dans le monde entier une occasion sans précédent de se rallier à une vaste mobilisation mondiale impliquant un nombre élevé de personnes et comportant toute une série d’activités. Une journée fructueuse permettra de mettre l’accent sur le besoin urgent d’une nouvelle mondialisation. Participez !

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juin 02 2008

Claude Bartolone à la réunion du 1er juin

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1er juin Claude Bartolone

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juin 02 2008

Intervention de Jean-Christophe Cambadélis à la journée du 1er juin

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JC Cambadélis - 1er juin

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mai 31 2008

Le programme du 1er juin

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mai 31 2008

PS: les “reconstructeurs” confrontent leurs points de vue dimanche

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PARIS (AFP) - Les amis de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Martine Aubry et Arnaud Montebourg vont confronter dimanche leurs points de vue pour voir s’il est possible de dessiner une nouvelle alliance, puis une nouvelle majorité, au congrès de Reims à la mi-novembre.

Ce “pôle des reconstructeurs”, selon l’appellation qu’il s’est donné, veut sortir de l’alternative Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë”, persuadé qu’il débouchera sur un remake du fratricide congrès de Rennes (1990) entre Lionel Jospin et Laurent Fabius et que le perdant n’aura de cesse de chercher sa revanche lors de la compétition pour l’investiture présidentielle en 2012.

Participeront aux travaux, en présence de quelque 800 militants et cadres, Martine Aubry, maire de Lille, le député Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, “lieutenants” de DSK et de Fabius. L’ex-Premier ministre prendra part au déjeuner. Benoît Hamon, figure montante du PS, a délégué Razzy Hammadi, secrétaire national, pour représenter la gauche du parti à cette rencontre, à titre d’”observateur”. “Volontaire et attentif”, souligne M. Hammadi.

L’objectif est de privilégier “le débat de fond”, selon M. Cambadélis, initiateur avec M. Bartolone de ce rapprochement audacieux.

Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius s’étaient en effet combattus sans ménagement entre fin 2004 et fin 2006, une division dont avait tiré profit Ségolène Royal pour imposer sa candidature à l’Elysée.

Tous ceux-là estiment qu’à l’heure de “la deuxième phase de la mondialisation” marquée par les crises (financière, alimentaire, énergétique et climatique), “la gauche doit définir de nouvelles réponses”. Ils constatent que presque partout en Europe ces dernières années, la social-démocratie s’est fait battre.

Il sera question notamment d’”un autre modèle de croissance, crédible et réaliste, dans la mondialisation” et de “la rénovation” de la gauche.

La réunion, la troisième du genre, n’a “pas d’autre statut qu’un espace de confrontation”, d’autant qu’”on est au début du processus” selon M. Cambadélis.

Si les amis de DSK et Montebourg doivent déposer une contribution commune pour le congrès, Mme Aubry et M. Fabius, avec leurs amis respectifs, devraient déposer la leur. C’est en septembre au plus tard qu’on saura si ces textes peuvent se fondre en une seule motion pour le congrès.

C’est à ce moment-là aussi, si l’aventure se poursuit, que sera choisi un porte-parole commun, qui pourrait postuler à la succession de François Hollande.

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mai 20 2008

Le calendrier du 75e congrès du Parti socialiste

Publié par admin dans Documents et outils

1. Calendrier de la Convention nationale portant sur la déclaration de principe et les modifications statutaires préconisées par la commission nationale de la rénovation

Jeudi 29 mai 2008 : Vote dans les sections sur la déclaration de principe et les propositions de modifications statutaires (date limite de présentation en section pour pouvoir voter : 31/12/07)

Jeudi 5 juin ou samedi 7 juin 2008 : Conventions fédérales

Samedi 14 juin 2008 :  Convention nationale.

2. Calendrier du Congrès ordinaire du Parti

Du 16 juin au 27 juin : validation du corps électoral du congrès par le Bureau National des Adhésions.

A partir du 15 juin : début du dépôt des contributions générales et thématiques.

Mercredi 2 juillet 2008 : Conseil national d’enregistrement des contributions générales et thématiques, de convocation du congrès et de validation des candidat(e)s pour les élections sénatoriales.

Lundi 7 juillet 2008 : date limite d’arrivée des contributions chez les militants et débat.

Vendredi 29 août, samedi 30 août et dimanche 31 août 2008 : Université d’été de La Rochelle

Samedi 20 septembre 2008 : Conseil national de synthèse

Lundi 29 septembre 2008 : Date limite d’arrivée des motions chez les militants.

Jeudi 6 novembre 2008 : Vote dans les sections sur les motions (date limite de présentation en section pour pouvoir voter : 31/03/08).

Du vendredi 7 novembre au dimanche 9 novembre : congrès fédéraux.

Du vendredi 14 novembre au dimanche 16 novembre : Congrès national

Jeudi 20 novembre : Vote pour désigner le ou la première secrétaire.

Vendredi 21 novembre : second tour éventuel.

Samedi 22 novembre :


Conseil national de désignation du Bureau national et du Secrétariat national.

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mar 25 2008

Oui à l’émancipation individuelle, non à l’individualisme destructeur

Publié par admin dans Documents et outils

Voilà le mot d’ordre qui pourrait résumer la position des reconstructeurs socialistes sur la question aujourd’hui essentielle des rapports individu-société.

Aux antipodes du préjugé bien établi qui fait d’eux des « collectivistes » invétérés, les socialistes, depuis Marx et Jaurès, ont toujours été « du côté » de l’individu, de la reconnaissance de ses besoins fondamentaux, de sa liberté, de ses aspirations légitimes. 

Socialistes français, nous sommes, de ce point de vue, tout à la fois les héritiers du combat républicain contre le carcan religieux, pour la séparation de l’église et de l’Etat, et de celui des années 1960-70 contre un ordre moral étouffant, pour le droit des femmes et la libéralisation des moeurs. 

Cette volonté d’étendre les libertés et de permettre à chaque individu de s’émanciper des normes préétablies en choisissant sa façon de vivre, ses liens, ses affiliations, ses références, se pratiques culturelles demeure un principe directeur de notre action. Celui-ci peut trouver de nouvelles traductions dans la France de 2008 à travers la consécration juridique d’une nouvelle génération de droits individuels.

Elle prend un sens nouveau dans une société travaillée par un puissant processus d’individualisation sociale et culturelle qui remodèle la structure sociale et n’autorise plus à raisonner à travers le prisme exclusif des classes traditionnelles. Qu’il s’agisse du traitement de questions majeures telles que l’âge du départ à la retraite, le soutien scolaire apporté aux enfants en difficulté, la politique d’insertion et de lutte contre le chômage, le régime de travail, nous pensons que le socialisme moderne doit mieux prendre en compte la diversité objective des situations et des attentes subjectives qu’elles créent. Il ne doit plus craindre à nos yeux de contourner le niveau trop homogénéisant du groupe social ou du territoire pour faire désormais davantage descendre, quand c’est possible, l’action correctrice de la politique au niveau même de l’individu. 

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mar 23 2008

Faut-il liquider Mai 68 ?

Publié par admin dans A lire

Le 40e anniversaire de Mai 68 s’ouvre par un procès en sorcellerie, dont Nicolas Sarkozy est le Grand Inquisiteur. A en croire le président de la République, les célèbres ” Événements ” sont à la source de tous nos maux, y compris les abus les plus choquants du capitalisme financier : traitements pharaoniques, parachutes en or, retraites-chapeau, malversations de patrons voyous… Ce réquisitoire vise à unifier toutes les droites dans la détestation de ce grand moment démocratique, hédoniste et utopique que fut Mai 68. Henri Weber réfute méthodiquement les philippiques de cette droite qui veut ” liquider 68 ” et se livre à une défense et illustration du bilan de Mai. Il confronte son interprétation de la Révolution de Mai aux principales théories existantes : Aron et Crozier, Morin et Touraine, mais aussi Castoriadis et Debray, Ferry et Lipovetsky… Ainsi apparaissent l’ampleur du ” Travail de Mai ” et ses effets persistants sur la société française. Ce n’est qu’un début, le débat continue.

Henri Weber, un des principaux dirigeants du mouvement de Mai 68, est membre de la direction du Parti socialiste et député européen.

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